Place de la fontaine, rendez-vous y, dès potron-minet, quand
le soleil se lève et taquine les lézards assoupis sur
les murets, au son enchanteur du clapotis de l'eau.
Là se sont attisées d'inénarrables querelles de
clocher et se sont chamaillées, puis rabibochées,
nombre de générations.
Aujourd'hui, c'est notre lieu privilégié pour nos
festivités estivales.
Située au cœur du village, elle est constituée d'un
bloc de distribution en pierres taillées,
légèrement en saillie par rapport à un mur de
galets qui soutient un talus de terre.
Le bassin a été creusé dans un bloc de calcaire
monolithique ce qui résout le problème de
l'étanchéité.
Le canon unique est un simple tuyau de cuivre, qui sort de la bouche
d'une sculpture anthropomorphe aux contours mal définis.
L'eau vient d'une mine située sur le haut d'un versant
à 1,5 Kms environ en contre-bas de la route.
La sur-verse alimente un lavoir, tout proche et couvert.
Ce lavoir est composé de trois bassins contigus : deux
d'égales dimensions, suivis d'un troisième beaucoup
plus petit : les anciens l'utilisaient, en période de maladies
contagieuses, pour la lessive du linge des malades.
L'eau en surplus alimentait un bassin situé de l'autre
coté de la place et servait à l'irrigation des jardins
potagers.
La commune était pauvre, le bloc de distribution tenait, et
tient toujours, lieu de monument aux morts grâce à une
petite plaque de marbre, sur laquelle sont inscrits les noms des
victimes de la guerre 14-18.
Cette pratique n'est pas courante et, si le manque de ressources
posaient problème aux habitants, sans doute faut-il y voir un
hommage à leur fontaine, jugée digne d'un tel honneur,
et le fort symbole de la vie, de l'eau qui coule.
Au dessus des bassins un texte en provençal, signé
de Berluc :
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L'aigo jamai mounto à la testa,
E me l'aigo ges de balesto,
Es lou beurre de la vertu,
A dounc salut ! font benisido,
E posque raia nosto vido,
Tranquilo e pure coume tu.
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L'eau jamais ne monte à la tête,
Avec l'eau pas de querelle,
C'est le breuvage de la vertu,
Donc, salut ! fontaine bénie,
Et puisse couler notre vie,
Tranquille et pure comme toi.
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Cérémonie du 8 mai 2001 à la
fontaine/monument aux morts.
Monument
aux Morts
GALLUY Julius mort à
St Eloi en Belgique en 1914
SAPPE Ernest mort à
Flirey, Meurthe et Moselle en 1915
GALLUY Marie Elie Baptistin, né à Montpezat le 30
juillet 1886 et domicilié à Montpezat. Soldat du 69è bataillon de chasseurs matricule 0108, a
disparu au cours d’une avancée momentanée de sa compagnie, au sud de Maurepas
dans la Somme. Son corps n’a pas été retrouvé ni inhumé. Le 17 septembre
1916 son nom ne figurant pas sur aucune des listes de Français prisonniers en
Allemagne, il a été établi d’une façon certaine, la réalité de sa mort. Un jugement tient lieu d’acte de décès entre le 25 août et
le 17 septembre 1916
ESCUDIER Emilien Paul, né à Montpezat le 6 janvier 1887 et domicilié à Montpezat. Soldat
de 2è classe du 175è régiment d’artillerie,
matricule
951 est décédé le 24 juin 1918, à 9h45 du
matin à l’hôpital d’évacuation de
Gélancourt , Meurthe et Moselle, canton de Baccarat, des suites
d’intoxication
par les gaz.
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